Morgane et Marie-Gabrielle effectuent leur Service Volontaire à l’Alliance Française de Varna, en Bulgarie … Retour sur leur expérience Erasmus+.
Pourquoi avez-vous voulu effectuer un Service Volontaire Européen, et que faites-vous dans ce cadre ?
Marie-Gabrielle (M-G) : Moi c’est Marie-Gabrielle, bientôt 26 ans, en Bulgarie depuis novembre 2016, suite à un Service Civique en France. Je suis arrivée ici d’abord dans le cadre d’un stage de trois mois, suivi d’un SVE de 10 mois au sein de la même structure, l’Alliance Française de Varna, j’y travaille en binôme avec Morgane.
Notre rôle y est de soutenir le travail de l’équipe déjà en place en aidant à la préparation des évènements culturels de l’Alliance et aux diverses tâches administratives liées au fonctionnement de l’association.
Les tâches qui me sont plus spécifiquement attribuées sont davantage orientées vers tout ce qui touche à la promotion de la langue française à proprement parler (la présentation de l’offre de cours, la préparation des sessions d’examens de français, l’organisation et le tri de la bibliothèque …)

En train de nous occuper du petit jardin aménagé devant l’Alliance Française
Si je suis venue ici, c’est tout d’abord car je voulais une expérience de travail longue durée à l’étranger, et bien qu’en tant que volontaire européenne je n’ai pas un statut de salarié au sein de l’Alliance, le volume horaire auquel Morgane et moi sommes soumises – de 10h à 18h dans un bureau en open-space – sont plus proche de ce qu’on pourrait appeler un « travail standard» que d’un simple volontariat.
Morgane : Je m’appelle Morgane, j’ai 29 ans. Je viens de Lille. J’ai fait des études de photographie, d’histoire de l’art, d’archéologie et de gestion de collections dans les musées. Je suis partie en SVE car j’étais au chômage et j’avais envie d’une nouvelle expérience à l’étranger.
Je suis volontaire à l’Alliance Française de Varna, en Bulgarie. En plus de ma participation aux activités quotidiennes déjà évoquées par Marie-Gabrielle, je m’occupe essentiellement de la communication visuelle et écrite (flyer, affiches, écriture de textes en français), des publications sur Facebook et des photographies.
Nous vivons chacune en colocation avec d’autres volontaires d’autres pays, il y a d’ailleurs beaucoup de volontaires en SVE à Varna. Cela permet de rencontrer du monde et de partager nos expériences.
Nous avons des cours de bulgare, pour moins se sentir perdu dans la vie de tous les jours. L’alphabet cyrillique n’est pas la chose la plus facile à appréhender au premier abord.
Qu’avez-vous appris durant votre SVE ?
M-G : Sur le plan personnel, que si l’on veut profiter de ce genre d’expérience, il faut être conscient qu’il va falloir faire preuve de beaucoup d’adaptabilité. Ici les choses changent assez vite, les magasins et restaurants ouvrent et ferment en l’espace de quelques mois, les gens arrivent repartent en permanence, en l’espace d’une année j’ai vécu avec 5 colocataires différents… Il est parfois difficile de gérer ce changement constant, le sentiment que rien n’est jamais stable et toujours temporaire est parfois difficile à gérer.
Sur le plan professionnel, s’intégrer dans un environnement travail ou l’équipe est

Présentation par M-G la ville de Varna a une troupe de scouts français effectuant leur camp d’été en Bulgarie
composée pour moitié de bulgares et moitié de français est une expérience formatrice, faite de hauts et de bas. En terme de compétences à proprement parler, j’ai pu travailler sur ma manière de m’exprimer à l’oral devant un public, du fait des diverses présentations (devant des touristes, des classes de lycée…) que nous avons eu à effectuer. J’ai tendance à parler très vite, ça a donc été pour moi un réel exercice d’apprendre à ralentir et à poser ma voix.
Morgane : Sur le plan personnel, j’ai découvert un pays qui m’était inconnu et une nouvelle culture à l’autre bout de l’Europe. J’ai fait de nombreuses rencontres intéressantes et des amitiés que j’espère garder.
Sur le plan professionnel, j’ai découvert un nouvel environnement de travail. Nous n’avons pas les mêmes manières de faire en Bulgarie qu’en France. J’ai aussi pu voir de l’intérieur le fonctionnement d’une Alliance Française et d’un Institut Français.
Une anecdote à nous raconter ?
M-G : Varna est une ville balnéaire, située sur la côte de la mer noire, il y a donc aux alentours de nombreuses plages dont on peut profiter quand celles du centre-ville deviennent trop bondées.
Cet été j’étais donc sur l’une de ces plages, manque de chance ce jour-là la météo était à la pluie, et l’endroit s’est rapidement trouvé déserté.
J’étais donc complètement seule, dans ce décor grandiose (la mer à perte de vue, bordée de falaises rocheuses enveloppées d’une fine brume), quand je remarque au loin, marchant lentement au bord de la mer un homme, complètement nu, à l’exception de ses baskets, transportant sur son dos ce qui semblait être une large porte en bois. Arrivé à mon niveau, il l’a déposée sur le sable, est rentré dans l’eau quelques minutes puis a repris sa porte et son chemin comme si de rien n’était. Ce genre de situation, j’ai le sentiment qu’il n’y a bien qu’en Bulgarie que ça peut arriver…
Morgane : Emmanuel Macron était en visite de travail à Varna à la fin du mois d’août. Sa femme et lui avaient des programmes différents, quasi aucune chance de croiser le président se promenant dans les rues de la ville. En revanche en me promenant dans le jardin maritime je suis tombée sur les voitures du protocole et j’ai donc croisé Brigitte Macron dans l’un des restaurants du bord de mer.

Durant la réception donnée à l’occasion du 14 juillet à l’Académie Vanale de Varna
Ton SVE en 3 mots :
M-G : Français, rencontres et siréné (fromage typiquement bulgare, comparable à la feta, qu’on trouve ici dans tous les plats ou presque)
Morgane : Découvertes culturelles, voyage et plages 😉
Un message pour les jeunes et les structures…
M-G : Pour les jeunes qui envisagent le SVE, je dirais que peu importe la destination et le projet choisi, il faut s’attendre à tout, le pire, le meilleur ou le banal.
Chaque SVE se révèle une expérience au final assez personnelle et au sein d’une même association ou d’un même projet, deux volontaires pourront avoir un vécu totalement différent de leur expérience.
Et aussi, j’avais lu avant mon départ que l’on conseillait de choisir le projet plutôt que la destination : je ne suis pas du même avis.
En effet, s’il se trouve qu’arrivé une fois sur place que votre projet est complètement bancal/ différent de ce que vous vous étiez représenté (et les déconvenues sont fréquentes), vous serez au moins dans un environnement qui correspond à vos attentes. Sans se focaliser sur un pays en particulier, postuler pour un projet (même formidable) dans un village au fin fond de l’Europe de l’Est si on a la campagne en horreur ne me parait pas être une bonne idée si l’on veut mettre toutes les chances de son côté pour réussir son SVE.
Quant aux structures d’accueil de volontaires, je ne les connais pas toutes, mais de ma propre expérience et de celles d’autres volontaires ici en Bulgarie, on a parfois l’impression que certaines s’engagent à recevoir des volontaires sans vraiment se rendre compte de ce que cela implique (gérer l’arrivée de plusieurs étrangers à des moments différents, faciliter leur adaptation, répondre ensuite à leur demande de manière suivie). Je conseillerais donc à certaines de ne pas considérer le SVE comme un simple moyen de recevoir des fonds européens et de la main d’œuvre gratuite.

Soirée karaoké organisée par l’Alliance Française en l’honneur du mois de la Francophonie
Morgane : Pour les potentiels SVE : Le SVE est une belle opportunité pour sortir de sa zone de confort, de découvrir un pays et sa culture de façon plus approfondie qu’en tant que touriste.
Cela permet de découvrir une nouvelle façon de travailler et d’acquérir de nouvelles compétences. Et même d’apprendre un nouvel alphabet 😉
Pour les structures : Ne pas oublier que nous sommes des volontaires et pas des salariés. Que l’on vient d’un autre pays et qu’il nous faut un temps d’adaptation car le choc culturel peut être plus ou moins fort selon les personnes. Un peu de compassion et de compréhension des deux côtés.
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